6209 Tribulations goudouiennes d'une (ex)Carabine

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Tribulations goudouiennes d'une (ex)Carabine
Petites histoires ordinaires ou un peu moins d'une étudiante en Anglais.
Playlist | 13.01.2013 - 03 h 31 | 6 COMMENTAIRES
Ma playlist anti-13 janvier

 

Bon bon bon les amis !
Ce 13 janvier a lieu la « Manif’ pour tous », comme ils l’appellent, et je sens que ça va déprimer sévère chez les LGBT, et les H favorables à l’ouverture du mariage pour tous.

Du coup, je vous ai concocté une petite playlist !

Attention, warning ! Je suis tout sauf une pro des playlists, celle-ci aura donc certainement très peu de cohérence. Mais je me suis amusée à la faire, et c’est ce qui compte.

Cette playlist est faite en fonction de l’heure, vous allez vite comprendre.

 

  • 9h. Réveil pour le moins matinal, dirons-nous. Nous supposons que vous êtes avec des sympathisants de la cause, et si possible avec la personne chère à votre cœur :
    Music, de Leela James. Pour se réveiller en douceur.
    Sunday Morning, de Maroon 5. Parce qu’après tout, nous sommes un dimanche matin…
  • 10h. Vous commencez à penser à l’éventualité de peut-être réfléchir à sortir de votre lit :
    Whispering Wind, de Moby. Parce que la journée va être froide et venteuse.
    Honey Honey, de Feist. Parce qu’être au chaud sous la couette, c’est tout doux.
  • 11h. Petit-déjeuner pris, radio éteinte. Vous émergez petit à petit :
    Valerie, de Amy Winehouse. Parce que sometimes, you go out, but not today, and certainly not by yourself.
    All I Want Is You, de Barry Louis Polisar. Parce qu’il est temps de se réveiller. Et que all I want is you, would you be my bride ?
  • 12h. Vous voulez des chansons qui vous évoquent votre fierté de LGBT :
    Rainbow, de Emilie Simon. Parce que les Yaggeurs aiment Emilie Simon.
    Rainbow, de Jessie J. Parce que j’aime Jessie J.
  • 13h. Votre cerveau s’échauffe en pensant à la manif’ qui va bientôt commencer :
    Rainbowarriors, de CocoRosie. Parce que vous avez des peintures de guerre avec des paillettes sur les joues, le menton et le front, et que vous êtes prêts à en découdre.
    Estafette, de Sexy Sushi. Parce qu’en plus d’être inverti(e), vous aimez le BDSM. Rien que pour les provoquer et montrer « une mauvaise image de l’homosexualité ». Vazyyyyy foueeeetttte !
  • 14h. Ça y est, ils vont commencer à marcher, bientôt. Vous vous la jouez peace and love. Vous voulez des câlins :
    Marry You, de Bruno Mars. Parce que la mélodie est entêtante et que vous voulez la chanter dans les rues.
    Same Love, de Macklemore & Ryan Lewis, feat. Mary Lambert. Parce que le clip est vraiment… Snif… Trop émouvant.
  • 15h. Ils marchent. Heureusement que ce n’est pas sous vos fenêtres. Un regain de fierté et de féminisme vous envahit :
    I’m coming out, de Diana Ross. Parce que c’est important pour que la société avance.
    Sisters Are Doin’ It For Themselves, de Eurythmics. Parce que les gouines peuvent très bien s’en sortir sans les hommes.
  • 16h. Vous sentez le stress et le mal-être monter en vous :
    Scream And Shout, de Will. I. Am et Britney Spears. Parce que scream and shout, vous en avez très envie.
    Under Pressure, de Queen. Parce que vous vous sentez comme une bouilloire qui siffle très fort.
  • 17h. Une petite déprime en pensant à tous ces idiots inconscients qui vous refusent l’égalité en dépit de tout bon sens :
    I Want To Break Free, de Queen. Parce que vous avez envie de vous enfuir dans un pays plus égalitaire. Et que personne ne peut résister à Freddie en Drag-Queen.
    Not Enuff Love, de Faithless. Parce que si tous ces haineux aimaient à la place, le monde serait quand même beaucoup plus rose.
  • 18h. Détendez-vous, ils ne valent pas la peine que vous vous rongiez le frein ni les ongles :
    Relax, Take It Easy, de Mika. Parce qu’il est des notre. Et qu’il faut écouter son conseil.
    Fire Coming Out Of The Monkey’s Head, de Gorillaz. Parce qu’ils finiront par payer pour leurs idioties, ces homophobes.
  • 19h. De toute façon, vous êtes bien plus intelligent qu’eux. Vous volez au-dessus de tout ça, intouchable :
    Love And Let Love, de The Gossip. Parce que tout ce qu’on veut, c’est leur indifférence.
    Mile In These Shoes, Jennifer Lopez. Parce qu’ils ne savent pas tout ce par quoi on est passé et on passera. Parce qu’ils n’auraient pas tenu dix kilomètres à notre place.
  • 20h. Le pire est passé, il faut oublier, maintenant :
    If Lovin’ You Is Wrong, de Faithless. Parce que si j’ai tord de t’aimer, alors je ne veux pas avoir raison.
    Sunday 8PM, de Faithless. Parce que la journée touche à sa fin, et que vous êtes toujours vivant.
  • 21h. Plus qu’à dîner et à aller se coucher. Demain, on bosse :
    Waiting For The Night, de Nelly Furtado. Parce que c’est agréable de finir sur une jolie fille.
    Mondo Bongo, de Joe Strummer & The Mescaleros. Parce que c’est LA chanson pour se détendre en attendant la nuit.
  • 22h. Enfin cette journée se termine. Ce n’était pas si horrible, finalement :
    Goodbye Bad Morning, de The Kills. Parce que tout ça, ce n’était au final qu’une longue matinée ordinaire pour les gens ordinaires.
    Sleep, de Amanaska. Parce qu’il est l’heure de se coucher dans des bras aimants.

 

J’espère que ça vous aura plu et que vous aurez pris le temps de découvrir un ou deux morceaux. Si vous voulez en ajouter, n’hésitez pas à le faire dans les commentaires !

Fiction | 13.01.2013 - 01 h 54 | 4 COMMENTAIRES
Him (III)

(Rappel : pour la deuxième partie, lire ici. Pour la première, lire ici)

 

 

Je le croisai quelque fois pendant la semaine, discutant agréablement avec lui, comme deux membres proches du Cercle pourraient le faire. Son souvenir, bien que constamment présent, ne me hantait plus autant, j’avais fini par l’absorber. Il ne revenait avec toute sa puissance que dans mes rêves, me réveillant plusieurs fois par nuit.

Finalement arriva le jour où je devais le rencontrer de nouveau. Tout se passa tranquillement, il faisait beau, et il avait pris le soin d’enlever ses lunettes de soleil pour me parler, afin que nos regards puissent se croiser. La conversation concerna principalement le Cercle, les derniers ragots, qui avait couché avec qui et qui avait quitté qui. J’appréciais sa verve et son ironie, il portait un regard critique sur le Cercle et son fonctionnement, m’invitant à prendre conscience de l’envers du décor.
Nous nous séparâmes assez tôt, il devait assister au dernier entrainement de volley avant sa compétition du week-end.
Le lendemain, je me fendis d’un message lui souhaitant la victoire.

Au fur et à mesure des semaines et de nos rencontres, j’appris à le connaître, à décoder ses mots et ses attitudes. Lorsque nous nous voyions, nous étions comme séparés du monde, occupés seulement par l’autre. Son statut changea progressivement de « déviance d’un soir » à « confident », et je me pris à vouloir le voir bien plus qu’une fois par semaine.

 

Un soir que j’étais attelé à disserter sur l’usage de la versification en poésie, mon portable vibra, me faisant sursauter. C’était lui, il me disait qu’il était seul chez lui ce soir-là, qu’il s’ennuyait un peu et qu’il aurait bien aimé me voir.
Rejetant la faute sur le devoir ennuyeux, je cédai à mon envie et répondis que j’arrivais dès que possible.
Je vérifiai que mes parents étaient à l’étage, et sortis en douce par la porte de la cuisine. J’attrapai mon vélo sous le auvent, et pédalai jusqu’à chez lui.

En arrivant, je lui envoyai un texto, n’osant pas sonner. Il m’ouvrit en chaussettes, un sourire aux lèvres. J’enlevai ma veste et mes chaussures en m’asseyant dans l’escalier, et en profitai pour inspecter l’entrée. Ses chaussures paraissaient avoir été jetées sans ménagement sur le sol, et son pull était posé sur le dossier d’une chaise. Une porte semblait mener vers la cuisine, et l’autre, ouverte, laissait apercevoir un grand canapé en cuir couleur crème installé devant une télévision figée sur une image de jeu vidéo.
Quand je me relevai, il se dirigea vers la console, l’éteignit ainsi que l’écran, puis s’assit en tailleur à une extrémité du sofa. Je m’installai à un mètre de lui, dans la même position, nous commençâmes à bavarder tranquillement.
Il avait déjà déjeuné, moi aussi. J’essayais d’éviter de penser au déroulement de la soirée, et de me laisser aller tout autant que la dernière fois, sans avoir bu. Il me proposa un film, j’acceptai. Après l’avoir lancé, nous restâmes quelques dizaines de minutes à un mètre l’un de l’autre, puis il vint vers moi, me poussa contre l’accoudoir. Je me laissai faire quand il écarta mes jambes, et eus la surprise de le voir se retourner pour s’allonger contre moi, son dos contre mon torse. Ne sachant pas quoi faire de mes mains, je les laissai d’abord serrées contre mes flancs, mais je fini par me détendre, et les plaçai à plat sur son torse, par-dessus ses épaules. Sa main droite vint recouvrir la mienne, et nous restâmes ainsi pendant une bonne partie du film.

J’éprouvai beaucoup de mal à me concentrer sur les images qui défilaient sur l’écran.
Ma main gauche remonta pour jouer avec ses boucles, sa tête roulant sous ma paume comme celle d’un chat. Je continuai sur son front, le long de l’arête de son nez, puis sur ses lèvres, douces et légèrement humides. Il les entrouvrit et toucha mes doigts du bout de sa langue, puis les embrassa. Je sentis un sourire s’étendre sur son visage, qu’il pencha en arrière pour pouvoir me regarder. De nouveau ce regard désireux plongé dans le mien…
Sans réfléchir, je me penchai vers l’avant et l’embrassai, maladroitement vues nos positions respectives. Il se redressa et s’assit face à moi, l’air sérieux. Il tira mes jambes vers lui, jusqu’à ce que nos bassins se touchent presque, son visage à quelques centimètres du mien.
Nous nous embrassâmes jusqu’à ce que j’ose lui enlever son t-shirt. Là, je contemplai avec fascination son torse finement dessiné. Je suivis du bout des doigts la délimitation de ses pectoraux, de ses abdominaux, puis passai ma main dans son dos, pour le rapprocher de moi. Il ne suivit pas mon mouvement mais se leva, m’invitant à faire de même.
En une minute je me retrouvai à l’étage, allongé sur son lit, torse nu, lui au-dessus de moi, me contemplant avec son petit sourire charmeur. Nos vêtements tombèrent un à un sur le sol de sa chambre, jusqu’à ce que nous nous retrouvions chacun en boxer, en érection.
Sa main glissa le long de mon corps jusqu’à mon entrejambe, qu’il caressa doucement. Voulant sentir sa peau contre la mienne, je plaçai une main dans son dos, une autre sur ses fesses, et l’attirait vers moi. Son sexe faisait pression contre ma cuisse.
J’en perdis complètement mes esprits, et, décidé à ne pas me laisser faire cette fois-ci, je le retournai en un geste souple sur le lit, en profitant pour lui ôter le dernier morceau de tissu qui protégeait sa nudité.
Je plaçai une main hésitante sur son sexe érigé, et commençai lentement à le masturber. J’avais envie de toucher, de goûter, de lui faire plaisir, mais j’étais terrorisé à l’idée de mal le faire.
« – Je… Je ne sais pas… Je ne l’ai jamais fait, alors…, chuchotai-je
– Laisse-moi te montrer encore une fois, répondit-il avec un sourire espiègle »
Avant même que j’aie pu protester, il m’avait assis sur le bord du lit, et sa bouche descendait vers mon pénis. Je ne pus m’empêcher de monter mon bassin à sa rencontre, ce qui le fit sourire.
Sa langue joua d’abord avec mes bourses, ses mains caressant l’intérieur de mes cuisses. Une vague de plaisir montait rapidement en moi, et elle fit un bond vers mes poumons et mes cordes vocales quand il saisit mon sexe avec sa main et sa bouche. Je gémis bruyamment, et en moins d’une minute je sentais déjà la jouissance venir.
Il eut à peine le temps d’écarter sa bouche que j’éjaculai puissamment sur son torse. Lorsqu’il se releva, je l’attrapai par la nuque et l’embrassai à pleine bouche, encore frissonnant. Je continuai le long de sa mâchoire et arrivait à son lobe, que je taquinai.
« Je crois que j’ai compris, maintenant… » Chuchotai-je.

J’essayai donc de mettre en application ma nouvelle leçon, et j’y arrivai avec succès. Tous deux souillés de nos jouissances, nous allâmes prendre une douche, qui fut assez longue vu notre état de concentration.

 

 

(Suite next time !)

Ma ptite vie trépidante | 12.12.2012 - 17 h 56 | 11 COMMENTAIRES
Article de journal édifiant

 

 

Aujourd’hui, j’ai eu des envies de meurtre. Une jeune étudiante tue un de ses camarades de classe après un exposé controversé. Ca ça ferait un super titre de journal.

GoldenM, 19 ans, était arrivée en cours visiblement fatiguée ce jour-là. Un des étudiants était en train de faire une présentation sur le féminisme quand elle entra et s’installa. La présentation dura un quart d’heure, et elle n’interrompit l’étudiant qu’une fois pour faire une remarque ironiquo-énervée.
La présentation était plutôt neutre au premier abord, mais l’on pouvait vite se rendre-compte que l’élève était, non seulement misogyne et homophobe, mais aussi clairement dépourvu de toute logique
[Oui, l’article est orienté. Et alors ? Tu veux qu’j’te pète la gueule !?].
Quand la présentation fut finie, les étudiants commencèrent, comme d’habitude, à poser des questions. GoldenM était bien sûr une des premières à lever la main, et rapidement elle mit le doigt sur les illogismes du discours de son camarade. Par exemple, celui-ci avait dit que deux policières avaient un jour été tuées par balle par un individu réputé violent en allant l’arrêter, et avait avancé que, peut-être si l’on avait envoyé deux hommes, ils auraient réussi à maîtriser l’individu. Elle lui fit répéter l’anecdote, en le faisant insister sur la manière dont les deux femmes avaient été tuées : par balle. Elle lui demanda ensuite s’il pensait que deux hommes auraient pu arrêter les balles au contraire des deux femmes. Il répondit par l’affirmative, ce qui déclencha un rire général mais discret dans la classe. Une autre élève prit la parole pour lui dire que ça n’avait pas de sens, il répondit, je cite « de toute façon, les femmes dans l’armée ou la police, ça ne devrait pas être autorisé, après elles ressemblent à des hommes ».
Répondant à une autre question, il dit que le travail ne donnait pas l’émancipation aux femmes mais au contraire les privait de leur liberté de rester à la maison. Il ajouta, se croyant futé, que de toute façon, vu que les maris étaient, pour un même poste, mieux payés que les femmes, c’était à eux de travailler. GoldenM lui demanda donc comment il pensait qu’un couple de lesbienne pouvait faire : « And, what about lesbians, couple of lesbians ?
Neither of them should work, you think ? », et elle ajouta ironiquement, plus bas mais assez fort pour que tout le monde entende “Oh my god, no man, how can they do that ?”. Il répondit avec beaucoup d’esprit et de classe : “Lesbians ? Euuuh… I don’t care about lesbians” [Merci pour cette réponse, mon vieux, ça veut tout dire].
Elle revint ensuite sur un de ses exemples sur les déviances du féminisme, qui montrait la photo d’un homme enceint, et avançait que c’était le but ultime des féministes que d’arriver à cette photo truquée sur photoshop. Il avait montré la fameuse photo de cet homme ancien trans FtM qui était tombé enceint, qui n’est pas du tout truquée mais bien réelle. Il répondit que cela allait « contre la nature de vouloir changer de sexe, de toute façon ». A ce moment, selon les témoins, GoldenM se mit à trembler discrètement.
Les questions continuant, et lui répondant toujours aussi stupidement qu’avant
[Les Femens sont des prostituées parce qu’elles se promènent torse nu lors d’une manif, mais les hommes supporters qui courent nus sur un stade de foot ne le sont pas, ils sont juste drôles, tu comprends, on ne peut quand même pas comparer {J’aurais embrassé et fait l’amour à la fille qui lui a demandé ce qu’il en pensait}], GoldenM serra très fort les mâchoires et les poings. Il était clair qu’elle avait une idée derrière la tête.
Quand les questions se tarirent après qu’il eût dit que les femmes devraient garder les enfants à la maison et rien d’autre, selon les témoins de la scène, elle lui fit un petit signe de la main pour qu’il la remarque.
Elle prit une grande inspiration, et lui dit : « Well, after your presentation and your answers, I must say that you are homophobic, a woman-hater and dumb. Do you know what that means ? No ? That you are an idiot. But this is just my opinion, maybe some people in this room, even if I doubt it, disagree with me”. Le clou du spectacle fut quand il répondit à GoldenM que, de son côté, elle était hétérophobe.
Il sembla se passer quelque chose en elle, elle devint plus pâle, plongea sa main dans sa poche de manteau, puis, soudainement, elle renversa la table qui la séparait de son camarade et lui planta la lame de son couteau suisse à plusieurs reprises dans le corps.
Il s’avère que personne ne souhaite porter plainte, les témoins de la scène étant même prêts à défendre la meurtrière si jamais poursuites judiciaires il y avait. Ils s’accordent tous à dire que les propos du jeune homme étaient pire même que ceux de Christine Boutin, Frigide Barjot et André Vingt-trois rassemblés, et qu’en tant que lesbienne, GoldenM pourrait invoquer la légitime défense contre quelqu’un qui l’insultait si violemment et lui donnait tant envie d’attenter à sa propre vie. Nous avons contacté GoldenM, qui ne souhaite pas s’exprimer à ce sujet.

 

Trêve de plaisanterie, toute cette histoire est réelle jusqu’au moment où mon cher ami m’a répondu que j’étais hétérophobe. Là, je n’ai eu plus que deux envies : sortir de la classe en faisant un scandale et aller me cacher au fond du lit que j’avais quitté bien trop tôt le matin.
Cette histoire de plus m’a détruite. J’en aurais pleuré en cours. En cherchant des solutions pour échapper à ce monde qui nous rejette, je n’en ai vu que très peu : ne vivre qu’entouré par « la communauté », ne vivre plus que par elle, ou se radicaliser totalement (ce que je suis en train de faire, inexorablement). Ou le suicide. Je pense que c’est la première fois que j’y ai pensé en ne repoussant pas immédiatement l’idée d’un « Non, jamais je ne ferai ça ! ».

Du coup, j’ai séché mes cours de l’après-midi et je suis allée voir The Impossible. Eh bien, si un jour vous n’en pouvez plus, et que vous avez quand même l’estomac, le cœur et le cerveau bien accroché, je vous le conseille. Une bonne catharsis, je n’ai plus aucune larme dans mon corps, et aucune trans- homophobo-misogynie ne me fera pleurer – du moins ce soir.
Connards.

Ma ptite vie trépidante | 26.11.2012 - 12 h 14 | 14 COMMENTAIRES
Et mes mains tremblaient…

Dimanche matin, je me suis faite peur.

 

Samedi soir, étant à un baby-sitting, je n’ai pas pu me rendre à l’Apéro des Losers, mais je suis rentrée malgré tout avec la personne chère à mon cœur. Elle habite dans une banlieue parisienne réputée moyennement bien fréquentée mais, bien qu’étant parano, jamais je n’ai eu de soucis, même seule et assez tard le soir.

Dimanche, vers une heure du matin, nous rentrons donc toutes les deux. Elle en robe, les jambes nues, moi en jean, toutes les deux avec un manteau assez long. On ne fait bien évidemment aucun étalage de notre couple dans la rue, parce que si l’on ne veut pas s’attirer d’ennuis, mieux vaut cacher notre homosexualité.

Sa maison est environ à dix-douze minutes de marche rapide de la gare. Bien qu’étant toujours un peu inquiète la nuit, nous sommes deux, et il y a deux autres filles devant nous, à quelques mètres, je ne suis donc pas trop angoissée.

Il s’avère que les deux filles devant nous marchent très vite, et au bout de quelques minutes elles nous ont bien distancées – elles devaient avoir un peu peur elles aussi.
Arrivées à trois cents mètres de la maison, j’aperçois du coin de l’œil trois ou quatre hommes, la vingtaine, qui nous suivent. Ils ne marchent pas normalement pour un groupe, ils sont en demi-cercle derrière nous et avancent légèrement plus vite.
Les secondes s’écoulent et je les vois de plus en plus près de nous, ils chuchotent entre eux, je sens une certaine tension dans l’air. Ma chère voisine me voit me tendre, regarde derrière nous, je sens qu’elle pense la même chose que moi.

Sa maison possède une entrée principale, et une petite entrée derrière, dans une rue perpendiculaire, dans une petite cour avec une grille. Je lui demande donc « On rentre devant ou derrière ? », « Derrière, c’est mieux », me répond-elle.
Ils sont maintenant juste sur nos talons, mon cœur bat extrêmement vite, je me doute de la suite de l’histoire.
On tourne donc dans la petite rue, l’entrée est juste là, elle tape le code, rentre en premier, je la pousse un peu, je me rends compte qu’elle ne sent pas le danger aussi vivement que moi. A peine rentrée, je force la grille pour qu’elle se ferme plus vite, mais elle est lourde et résistante. Un des trois hommes nous a suivi, et la porte n’est pas encore à moitié fermée qu’il a ses mains sur les barreaux et la pousse pour l’ouvrir.

L’action se passe en une poignée de secondes. C’est un combat entre lui et moi pour qui réussira à mettre le plus de poids sur la porte, vous savez, comme quand vous jouez, petit, à enfermer quelqu’un dans une pièce ou au contraire à vous libérer si on vous enferme. Sauf que là, je sais que si je ne gagne pas, ils rentrent tous les trois dans la cour, et trois hommes contre deux femmes, bien que nous ayons beaucoup de sang-froid, je sais que nous faisons difficilement le poids. La peur et l’adrénaline décuplent mes forces, je sens la porte qui se referme bien qu’il la pousse toujours. Il appelle ses potes à la rescousse, « eh, les mecs, v’nez m’aider ! », les deux étaient restés en retrait, et la personne chère à mon cœur était derrière moi, et ne réagissait pas, l’action était trop rapide.
Je réussis à fermer la grille à temps, avant que les deux autre n’arrivent.

J’avais toujours considéré le chinois qui a une porte donnant sur la petite cour et qui a l’air de ne vivre que la nuit comme quelqu’un qui envahissait la vie privée des autres en surveillant les allées et venues – eh bien je peux vous dire que j’ai été contente qu’il sorte de chez lui en entendant les bruits de lutte, je suis sûre que c’est ce qui a dissuadé nos poursuivants de continuer leur attaque en passant par dessus la grille ou que sais-je.

En rentrant dans la maison, je tremblais de tous mes membres, surtout des mains.

 

Depuis, je n’arrête pas d’y penser, et mes pensées commencent par des si : « et si on avait marché moins vite… », « et s’il n’y avait pas eu d’entrée à l’arrière de la maison… », « et si je n’avais pas eu la présence d’esprit de pousser la grille… », « et si elle avait mis une seconde de plus pour se refermer… », « et s’ils s’étaient mis ne serait-ce qu’à deux contre moi… ».
Et si un de ces si avait été réalisé… Qu’est-ce qu’il se serait passé, deux filles volontaires contre trois hommes potentiellement violents ?

 

J’avais peur. J’avais raison.

Ma ptite vie trépidante | 19.11.2012 - 00 h 20 | 9 COMMENTAIRES
Bouilloire sifflante

Je suis mal. Je suis triste. Je suis en colère. Je suis révoltée. Je suis fatiguée. Je suis déprimée. Je suis sous pression. Je suis déçue.

(La chanson que j’aime à mettre quand je suis dans cet état.)

 

Ça a commencé il y a quelques temps. Deux semaines, ou peut-être trois.
Depuis le début de l’année je passe mon temps dans les transports, mes repères d’avant ont disparu et je dois m’en faire de nouveaux, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi, alors que je suis plutôt solitaire. Tout ceci accumulé, plus le mois de Novembre, me déprime, et je me sens perdue dans ma vie, à ne pas savoir où je vais.

Ça allait mieux grâce à mon entourage, qui a réussi à me remonter le moral, mais depuis vendredi, ce dernier (le moral, si vous suivez) débande à nouveau.

Ce que je ressens.

Comment ça va finir si je ne me change pas les idées rapidement.

Vendredi, je suis allée voir Skyfall (à voir en VO, rien que pour les allusions sexuelles du méchant envers James Bond), avec ma mère, que je n’avais pas vue depuis longtemps, n’habitant plus chez elle. En passant à l’entrée du complexe commercial, deux jeunes, un ou deux ans de plus que moi, qui distribuent des tracts du genre « la vraie famille est composée d’un père et d’une mère, on ne doit pas mentir aux enfants, blablabla ». J’ai eu une très violente envie de foutre tous leurs tracts et eux par la même occasion à la poubelle, puis de les insulter, mais comme je suis de nature plutôt calme, je leur ai juste jeté des regards haineux et ai crié des gros mots dans ma tête.
Je ne pensais pas que ça me toucherait tant, étant habituée et préparée à subir l’homophobie sous toutes ses formes, la force de ma réaction envers ces deux jeunes gens m’a donc étonnée.

La soirée avec ma mère s’est bien passée, tranquillement.

Étrangement, j’ai bien aimé Skyfall.

Ce dimanche, discussion à table. « Bon, et vous, les grands, vous faites quoi cette après-midi ? Vous bossez ? ». J’ai répondu que je pensais aller à la contre-manifestation contre les anti-mariage pour tous. Ça fait beaucoup de contre, mais ils ont compris en quoi ça consistait. Mon père m’a demandé pourquoi, je lui ai répondu qu’en tant que lesbienne ça me tenait à cœur, que je voulais pouvoir me marier et avoir des enfants un jour. J’ai eu le droit à la merveilleuse réponse de « Mais il y a déjà le PACS pour ça, c’est assez ! ». Du coup je lui ai fait le petit discours habituel sur la sécurité des enfants, les droits de succession, toussah toussah.
J’ai aimé sa réponse. Je l’ai même adorée : « De toute façon, les enfants ont besoin d’un père et d’une mère pour être sains et se construire correctement ». Ça m’a beaucoup fait rire (jaune) : mon père a quitté ma mère lorsque mon frère avait un an, et on ne peut pas dire qu’il ait été franchement très présent. Il s’est marié avec une femme dont le précédent mari est mort alors que son fils avait cinq ans. Elle l’a éduquée seule pendant quatorze ans. Je peux vous dire que, mon frère comme mon faux demi-frère, sont tous les deux tout à fait bien dans leur peau et heureux.

Rire jaune

La conversation s’est poursuivie à peu près sur le même ton, avec un passage sur le « contre-nature » (il ne manquait plus que le « anh »). Ma mère comme ma belle-mère prennent ou ont pris la pilule pendant qu’elles étaient avec mon père et ma mère a eu recours aux médicaments pour nous avoir, moi et mes frères, où est la nature là-dedans ? Ca signifie que mon frère et moi sommes contre nature ? Moi oui, bien sûr, je suis gouine, mais mon frère ?
Débilos !

Et ma belle-mère d’apporter son grain de sel, disant qu’elle avait lu dans Le Monde que selon les études et les psy[insérez ici les préfixes adaptés], un enfant a besoin de savoir d’où il vient et de connaître son père pour se développer correctement.
J’ai lu le même article, vu que nous sommes abonnés au Monde. Il y avait sept psy qui donnaient leur avis, quatre étaient pour, trois contre. Preuve s’il en faut qu’ils ne font pas que répéter ce qu’ils lisent mais qu’ils répètent bien les arguments de ceux avec lesquels ils sont d’accord !

En bref, ils étaient autant l’un que l’autre prêts à aller crier dans la rue, mon père habillé dans une combi lycra : « Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants ! ».

Je n’allais pas mettre la tête de mon père, quand même…

Je vous avouerais bien volontiers que je n’avais qu’une envie, c’était leur cracher leur foutu poisson du midi à la figure en même temps qu’un concentré de mes insultes les mieux senties. Mais là encore, je suis trop pacifique.
Si j’hésitais avant le repas à aller au sit-in de Saint-Michel, pour le coup j’étais bien décidée à me bouger pour crier ma rage là-bas.

Mon genre d’insultes

J’y ai retrouvé de merveilleux yaggeurs, un peu après la bataille mais ce n’est pas grave, ça fait du bien de militer. J’ai crié, chanté, agité des pancartes et des drapeaux, ça m’a fait me sentir un peu mieux.

Puis, sur le chemin de retour, seule, j’ai eu LA vision qu’il ne fallait pas que j’aie. La tête de cette charmante femme blonde, sourire aux lèvres, et en dessous un petit papier fraîchement placardé, dégoulinant de colle, contre le mariage pour tous. Ni une, ni deux, j’ai réagi.
En y repensant, il est vrai que j’aurais pu simplement arracher les affiches. Mais je ne voulais pas, je voulais surenchérir. Je voulais faire plus fort, marquer, être visible. J’ai sorti un crayon de couleur, et ait marqué en gros, très gros, en déchirant les affiches humides, « HOMOPHOBES ». Puis, j’ai sorti tous les autocollants de SOS Homophobie, et je me suis employée à les placer à des endroits stratégiques. J’ai pris des photos :

Hop !

Et hop !

Ceci m’a un peu libérée. Mais si peu…

 

Alors, j’ai un message pour vous, chers homophobes petits et grands.

Allez vous faire cuire un œuf. Je vais vivre ma vie comme je l’entends, je serai heureuse, et mes enfants seront mieux élevés et plus heureux que les pauvres petits que vous avez ou aurez.
Et une fois n’est pas coutume, des vraies insultes : Je vous emmerde.
Bien profondément et avec tout mon cœur.
Vous n’êtes que des connards trop fermés d’esprit pour comprendre que ce qui compte, c’est le bonheur des autres, peu importe comment ils l’obtiennent, tant que ça ne porte pas préjudice à d’autres.
Coincés du cul et vieilles pouffiasses engoncés dans leurs petits polos/tailleurs.
J’aimerais faire jouir vos femmes avec ma langue pour qu’elles connaissent un jour le septième ciel et foutre deux doigts dans le cul de vos maris pour qu’ils voient que le « contre-nature » peut être bon.
Connards de mes deux que je n’ai pas.

 

 

Pour conclure, la chanson que j’ai mise à fond en boucle sous la douche ce soir pour que tous les occupants de la maison puissent l’entendre :

 

*vazy foueeeeeette, vazy foueeeeeeeeette*

(oui, en plus d’être anormale et invertie, j’aime le SM)